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 Rabelais AUSSI savait boxer. )> Molière wsh

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François Rabelais
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MessageSujet: Rabelais AUSSI savait boxer. )> Molière wsh   26.06.12 22:40

Tu sais ce que c'est, mon poing dans ta gueule ? Ton cutter dans la mienne ? D'accord, discutons.



- Si tu fais mine de remuer le fondement, je préfère prévenir, iceu poing va venir s’emplafonner dans ton faciès. »

Rabelais voulait bien faire. Jusqu’à présent, la situation n’était à peine que le triste résultat de l’enchevêtrement de quelques quiproquos que Rabelais –si on lui avait demandé son avis- aurait jugée inoffensif. Gentillets. De rien du tout. Malheureusement pour notre viril porte soutane, on ne lui demandait pas grand chose, hormis de fermer sa gueule et de baiser promptement les yeux, ce qu’il tâchait, avec toute la vertu de son âme, de ne pas faire. C’est dire s’il y mettait de la mauvaise volonté. Or, ses interlocuteurs, bien que dotés d’une rare patience, commençaient à comprendre. Comprendre que du haut de son mètre quatre vingt, fort de ses soixante quinze kilos et fière de sa toison églantine, François Rabelais refusait de se laisser mettre à terre sans combattre. Il avait enfilé après la messe un jean et une veste en cuir bicolore qui, outre la particularité de lui donner un air très canaille, le pourvoyait comme par une stupéfiante magie d’une soudaine confiance en lui dont n’importe qui se serait passé dans un cas semblable. Mais malheureusement pour lui, si au fond de sa conscience et de son corps entier il sentait bien qu’il mettait tout en œuvre pour conclure ce que certains qualifieraient d’énorme connerie, il estimait ne plus pouvoir faire marche arrière. D’aucun lui aurait dit : « mais si, François. Tu as fais tes preuves, tu peux baisser tes petits poings ridicules, tu peux donner ton argent à ces jeunes malhonnêtes qui réclament injustement tes biens. Tu peux faire tout ça sans honte. » Sauf que non. Rabelais ne pouvait pas. La vérité, c’est qu’il s’insultait copieusement d’avoir cédé à la tentation vaine et idiote de l’intimidation physique. Il se rappelait Molière. Il l’avait déjà vu sur un ring, enchaîner les droites, jouer des pieds, cogner de toutes ses forces. Et brusquement il s’était dit « et pourquoi pas moi ? »

Mais il a oublié, François, que le langage, c’est tout ce qu’il possède. Du coup, les yeux plantés dans ceux de son adversaire, les poings dressés devant lui dans une position anonyme, légèrement en appuie sur sa jambe gauche, il se demande. « Qu’est ce qui m’a poussé à vouloir essayer ça ? Mon talent d’orateur ne me satisfait plus, il faut que je m'essais au domaine sportif, maintenant. Ha, tiens, quand on dit que le corps faute, n’en est-ce pas une magnifique illustration ? Ça m’a prit subitement, admettons. Ces gaillards là se plantent devant moi, l’œil humide et le poing chatouilleux, soit. Quelle hormone insensée me commande subitement, alors que je n’en ai jamais éprouvé le besoin dans le passé, de faire montre d’une force que je ne possède pas ? » Rabelais sourit, tente un retrait.

- Ecoutez, ce geste de ma part n’est pas explicitement mesuré, voyez vous, je ne ressens nullement le besoin de vous… Enfoncer ma main dans le visage. Sincèrement. D’ailleurs vous même n’en ressentez pas le besoin, vous pensez simplement le ressentir mais c’est en fait une force qui vous est extérieure. Spinoza disait « qu’un corps en chute libre peut se sentir libre de chuter tant qu’il ne rencontre pas d’obstacles physique car la gravité est une force qui passe par les corps », voyez vous. De ce fait même réside la cause et le pourquoi de cette situation. Je pense ne pas désirer vous donner mon argent. Vous penser désirer le vouloir, et ce désir est vain, –je vous passe ce que disait Epicure à ce sujet je ne veux point élargir cette discussion à de trop grands égards- bref, vous pensez finalement désirer m’en coller une ou deux sur le fronton occipitale pour bien m’apprendre à ne pas obtempérer au bon moment, mais comme dit vous n’êtes au fond que de pauvres brebis aliénées, voyez vous, et rien ne vous oblige, si ce n’est une force extérieure, à commettre cet acte que vous vous apprêtez à perpétrer. Libérez vous, enfin ! J'ajouterai par mesure de précaution que je n’ai peut être pas l’air comme ça, mais je suis capable de grande prouesses physique, bien qu’ayant écrit plus que je n’ai combattu, et qu’il serait faire preuve de raison que de vous garder de tenter de porter atteinte à mon intégrité physique. »

Ils s’échangèrent un regard où se mêlaient incompréhension, stupéfaction, un brun dubitatif certainement et beaucoup d’impatience. Le plus grand et sans aucun doute le plus méchant fit face à Rabelais, le dévisagea longuement et décida tout bonnement, pour lui faire comprendre ce qu’il pensait de son discourt, de lever son poing à lui, qui devait mesurer à quelques centimètres près la taille de la tête de Rabelais, et s’apprêta à le lui coller en pleins visage.

Rabelais fut plus rapide. Saisit d’une impulsion généreuse, il lui écrasa ses cinq phalanges blanchit par l’effort en pleins milieux de la trachée. Et en effet, le prêtre n’avait pas menti. Lui même ne connaissait pas sa force et le colosse tituba, chuta lentement en arrière, recrachant par la bouche un jet de salive douloureux. Rabelais n’était pas au bout de ses peines, car si son coup avait porté avec la précision vive du cobra, sa main n’en avait pas moins émit un craquement lugubre et autant dire que le prêtre le regrettait quelque peu à présent. Il avait toujours estimé la fuite comme le moyens le plus sur et le plus logique : au moins quand on fuit, on n’est pas mort. Certes, ce n’est pas exactement la doctrine qu’il traduisait au sein de ses contes, tout en batailles et en courageuses épopées, mais il estimait que c’était certainement la raison pour laquelle certains écrivaient et d’autres faisaient la guerre. Il ne s'agissait là que d'une juste répartition des tâches.

Il en conclu sur le moment que la situation qu’il maîtrisait jusque là lui échappait légèrement, et que les deux types restants ne comptaient certainement pas attendre que Dieu se charge de son affaire.

- Je suis prêtre. » Justification inutile, bien entendu. « ALLO 36 15 AU SECOURE ON M’AGRESSE ! JE DIRAIS COMME ÇA QUE C'EST LE MOMENT D'INTERVENIR ! Y A BIEN UNE PETITE VIEILLE QUI NOUS REGARDES ?! » Hurla Rabelais en tentant vainement de fuir par la droite. On l’attrapa au col, il jura comme un charretier, insulta ses agresseurs et pria fort dans son petit cœur perturbé que quelqu’un lui vienne en aide.

Now.

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MessageSujet: Re: Rabelais AUSSI savait boxer. )> Molière wsh   04.07.12 11:05


VOICI LA POLYMERISATION RABOLIERE


Molière aurait pu intervenir dès le moment où elle avait vu les racailles s'engager sur les pas du grand prêtre déguingandé.

Mais comment dire ? Les clercs et elle, ce n'était pas une chanson d'amour, et elle s'arracherait les oreilles plutôt que d'intervenir de son plein gré pour défendre un prêtre.
Surtout quand celui-ci avait des poings respectables pourraient mettre un homme KO.

Elle se contentait de regarder de loin François. Ils s'entendaient plutôt bien pourtant, il levait vite et haut son verre et entonnait des chants paillards sans qu'on le lui demande. Puis il renversait le vin sur son voisin qui cassait un tabouret qui roulait aux pieds de Molière qui se jetait dans la bataille. Et ils rentraient clopin-clopant avec la gorge gonflée de chansons populaires. Puis ils se quittaient devant le presbytère.
François et Baptiste s'entendaient bien, mais pour rien au monde, elle serait allée le chercher à son église. Elle sifflait mieux que de mettre ne serait-ce qu'un orteil sur le dallage froid du sanctuaire.
Alors elle se contentait de le regarder de loin.

Elle était en train d'acheter un cornet de poulet frit à un chinois à charrette lorsque Rabelais voulut tenter sa puissance cachée sur le plus costaud des trois. Le chinois vit Molière rire en regardant dans la direction d'une ruelle sombre.
Elle décida enfin de s'approcher lentement, comme une touriste excitée par la curiosité de voir un fait divers. Son poulet lui brûlait des doigts, et elle se contentait donc de souffler dessus en regardant l'air désemparé du prêtre. Allez, fais-le ! Encore une, deux fois, et le combat est à toi. Qui sait s'il avait un talent refoulé depuis tout ce temps, et elle le persuaderait de laisser sa soutane pour se mesurer à la fleur physique du genre humain. Il pouvait le faire, avec sa carrure, parce qu'elle décelait en lui le courage, le vrai, celui qui dévasterait des forêts entières si c'était du feu cette phrase ne veut rien dire, le courage des combattants étincelants qu'il connaissait bien, le courage du vrai homme intelligent qui n'a pas peur de penser et de dire, en un mot, Rabelais.

Mais il tourna ce regard empli de courage pour s'enfuir.

Quelle tapette.

Besoin d'aide, tartuffe ?

Molière n'était pas bête, aussi forte qu'elle fût, elle ne pouvait pas mettre à terre deux espèces de demi-géants en survêtement. Elle avait construit tout un plan dans sa tête. Elle meuglerait une sorte de cri de guerre terrible qui résonnerait tout le long des murs de la ruelle, lancerait son poulet gorgé d'huile bouillante sur les yeux de l'un, ferait un croche-pattes au dernier qui s'avancerait sur elle les mains tendues, puis attraperait la main de François pour le tirer violemment.

C'était un plan parfait. De l'action pure, du drame, de l'héroïsme, et du comique, parfait parfait parfait. Avant qu'elle n'eut pu songer à un cri de ralliement, le plus petit des trois écarquillait des yeux en pointant du doigt son poulet frit et siffla quelque chose au dernier; ils attrapèrent le dernier sous les aisselles et commencèrent à courir pour leurs vies.

À cause de ce manque d'action, de ce ratage royal de plan parfait, ou devant tant de lâcheté, elle lançait un regard sceptique sur le prêtre et riait :

Vous êtes comme ça, les prêtres. Fichtrecul ! Revendiquer votre état pour ne point vous affecter d'être physiquement touchables. Hurler de panique devant des rats étouffés de couardise !

Elle rit aussi en voyant la dégaine du clerc. Il avait plus l'air d'un baseballeur vedette que d'un sermonneur divin.

Ce poulet a bien plus de courage que toi.

Mais personne ne saura pourquoi les trois demi-géants avaient été pris de terreur en voyant la nourriture chinoise.
 
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MessageSujet: Re: Rabelais AUSSI savait boxer. )> Molière wsh   19.07.12 17:22

Tu sais ce que c'est, mon poing dans ta gueule ? Ton cutter dans la mienne ? D'accord, discutons.



En fait de puissance cachée, il s’agissait plutôt d’une sorte de dénie infantile de toute capacité physique, tout désir moral à envoyer sa main, son pieds ou tout autre partie de son anatomie dans d’autres anatomies adjacentes, que ce soit devant, derrière ou sur les perpendiculaires. En un mot et d’aussi loin qu’il s’en souvienne, Rabelais n’avait jamais aimé se battre. Et s’il acceptait avec joie qu’on puisse se rouler sous une table pour frapper son petit camarade, le teint gorgé de vin et l’esprit ivre mort, il avait développé une capacité grandiose et unique lui permettant de toujours dégoter le coin en hauteur qui l’autorisait à suivre la scène sans gâter ni vin ni ripaille. Autant dire qu’il était certes très doué pour encourager les bastonneur sans jamais mouiller son petit cul. Il se targuait d’ailleurs d’être le pilier central des bars à soulards qui, la nuit venue se réunissaient joyeusement pour se coller des gnons, et que sa présence même ainsi que ses bons mots suffisaient toujours à mettre une sacrée ambiance.

Il ne mentait pas. Souvent, une plâtrée tonitruante de bons vivants, élevés à son image mais souvent avec plus de muscles et moins de cervelle, réclamaient à grand bruit de chopes frappées en cadence comme au temps des chevaliers sur des tables couverte de graisse de porcs, une histoire de Rabby-le-prêtre qu’on suspectait de préférer à sa Bible les fesses de Marie. Il ne s’en cachait pas et ne refusait jamais une anecdote grivoise à son vaste publique, auquel il tentait par derrière d’inculquer malgré tout quelques leçons de savoir vivre. Malheureusement pour lui, ces leçons là ne pouvaient souvent pas grand chose contre la puissante alternance qu’a le vin sur l’esprit.

De toute cette communauté, Baptiste dite Molière était sûrement celle que Rabelais préférait. Une drôle de fille sortie de nulle part, les poings promptes et au moins aussi raffinée qu’un balai à chiotte. Ils avaient cela en commun que bien souvent leur dialectes soulevaient dans les esprits de vastes interrogation, de celle du genre qui vous font avoir mal à la tête, car ils s’exprimaient anciennement et de manière traditionnelle, en accord avec leur anciens Moi. Rabelais aimait l’humour de la jeune fille, sa façon de s’exprimer et voyait en elle, en plus d’un compagnon sur de beuverie, un garde du corps efficace. Molière se battait bien, n’importe où, avec n’importe qui. Elle était par ailleurs dotée de ce petit grain de folie qui rendait la vie autrement intéressante lorsqu’on avait l’occasion de la côtoyer un peu plus de cinq minutes.

Et puis une femme qui rote, Rabelais avait toujours trouvé ça drôle.

Quelle ne fut donc pas surprise, et en quelque sorte son soulagement, lorsqu’une question bien sentie, agrémenté de cette expression que seule elle avait, vint heurter ses oreilles au travers de la ruelle. Soyons honnête, lorsque Rabelais appelait une vieille à la rescousse, il sous entendait largement qu’une fille pourvue de gros seins et sachant boxer correctement serait bien mieux accueilli. Mais il avait la mauvaise habitude de réclamer peu pour n’être jamais déçu.

Emporté par un brun d’humour naturel, il tenta de se dégager de l’emprise de son agresseur : « je gère la situati.. » la fin de sa phrase fut étouffée dans un couinement que la pression exercé sur sa trachée par la tenaille qui servait de main à son bourreau déclencha.

Il aurait toutefois bien aimé que la demoiselle se presse un peu, non pas qu’on était vaguement en train de lui subtiliser son porte feuille mais il eu comme le vague pressentiment de perdre soixante euros. Le geste s’interrompit – ce ne fut pas pour lui déplaire car aucun autre homme que Dumas n’était habilité à lui tâter les flancs- lorsque les regards se tournèrent enfin vers Molière. L’obscurité de la ruelle ne permettait pas de distinguer exactement le gabarit du nouvel arrivant, mais sa voix aigue promettait un entrejambe dépourvu de ce qu’on appelle traditionnellement verge. Malgré cela et la potentialité que, par leur machisme avéré ses agresseurs ne prendraient pas peur d’une femme, un fumet étonnant parvint à leur narine. Rabelais inspira en sentant la délicate odeur de poulet frit palpiter contre son nez et fronça ostensiblement les sourcils. A sa grande surprise, on le relâcha et les trois hommes après avoir échangés quelques mots rapides, décampèrent sans demander leur reste.

Rabelais se massa le cou en dirigeant ses pas vers la demoiselle qui l’invectivait à présent de tout son beau langage. Il se remettait à peine de son agression, tâta sa poche pour vérifier qu’il pourrait picoler ce soir, et se planta face à la demoiselle avec une grimace victimisée de circonstance. Les remontrances de Molière étaient à prévoir. Il lui rendit un sourire étranglé et posa les yeux sur le cornet qui lui dégoulinait le long des doigts.


- Peut être est-il plus courageux, cela explique certainement son état : découpé en morceaux et frit sans rédemption. » Le prêtre se racla la gorge pour en éliminer les dernières douleurs. « Par quel miracle es-tu parvenu à ce résultat ? Habituellement il faut frapper l’autre pour qu’il prenne peur, n’est ce pas ? Te serais-tu découvert quelques dons mystifiants te permettant de conquérir à distance ? » Il réajusta sa veste tout en notant que Molière se fichait de sa dégaine. Il n’en prit pas ombrage. « Permets moi de te signifier la chose suivante : je suppute cette denrée d’être quelque peu avariée, » dit-il en pointant le doigt vers le cornet. « Je ne me targuerais point d’en avoir l’ultime connaissance mais tu peux, à priori, faire confiance à mon flaire pour ce genre de choses. » D’un doigté expert, il se saisit d’un morceau de l’animal qui frétilla tandis qu’il le retournait pour l’examiner à la lumière d’un réverbère. « Estoy d’ailleurs une honte, à ta place j’irai promptement estourbir la gueule de celui qui t’as vendu ça. C’est une arnaque. » Il jeta le morceau au sol. « Je te propose de récupérer ton argent puis, comme les mots parlent moins bien que le vin, de te payer tes consommations de la nuit pour te remercier du geste que tu as eu pour moi ce soir. »
Quelle en soit responsable ou non, Molière lui avait bel et bien évité de se faire casser la gueule. Par ailleurs, l’idée d’aller s’engueuler avec un chinois plaisait bien à Rabelais qui, au côté de Molière, pourrait déverser tout son fiel sans risquer de se prendre une mandale.


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MessageSujet: Re: Rabelais AUSSI savait boxer. )> Molière wsh   14.08.12 0:02

Le cornet de poulet frit tomba par terre.
Molière s'essuya alors les mains sans ménagement sur son short en jean. Il y eut un petit silence acclamateur du discours de Rabelais. 

Tu es incroyable.

Elle hocha un peu la tête de haut en bas, très doucement, exactement comme ferait un cancre à qui l'on vient de dévoiler un des grands passages secrets de la vie. Fréquenter Rabelais signifiait être automatiquement associé à ses magouilles verbales. Ce n'était pas bien drôle lorsqu'il traitait de triple-menton un type irascible et capable de soulever une table en hêtre massif – c'est à dire la moitié des bons-vivants que l'on croisait aux bars et banquets divers. Mais elle surenchérissait les satires de son comparse avec une gestique qui se voulait drôle et ne s'attirait que des châtaignes de partout ; alors que lui avait déjà disparu en cuisine pour se resservir. 
Il était un personnage de comédie, un comploteur de farce, qui cédait à son caractère constant dans le grotesque; et c'est sûrement pourquoi Baptiste lui collait dans les pattes. Elle avait l'impression d'applaudir aux premières loges un personnage de qualité avec une brillante interprétation. 

François. 

Elle remonta ses manches en regardant vaguement la charrette du chinois qui s'éloignait pour trouver d'autres amateurs de nouilles sautées. Quand Molière remontait ses manches, il y allait avoir du massacre chez les médecins. On pressentait la bravoure dans sa voix lisse et on lisait en elle la témérité pure, qualité souvent trompeuse et présentant un double tranchant aussi dangereux qu'encombrant.
Elle serra son poing. 

Tu es incroyablement vicié. C'est toi que je devrais estourbir !

Molière le saisit au collet et le poussa contre les briques branlantes à la lumière du réverbère. Elle lui soufflait à la figure une expiration d'indignation et fut satisfaite de voir qu'effectivement, le prêtre n'avait jamais pris le soin de développer sa force physique et qu'il ne pourrait pas déplacer le petit doigt de Molière avec la force de ses deux bras réunis. Elle sentait qu'elle le tenait en étau malgré la tête de moins qu'elle faisait; et son coeur chauffé par la colère se refroidit à l'assurance. 

Voilà encore une caricature des gens comme vous, qui répandez le venin sur le dos de gens honnêtes aux oreilles de leur loyale compagnie. 

Il ne fallait pas reprocher à Molière et à Rabelais leur langage, plus qu'obsolète, carrément surjoué : l'un venait effectivement de contes grandiloquents et l'autre de farces bouffonnes. Il ne fallait pas le leur reprocher pas parce que ce n'était de leur faute, mais justement parce que ils appuyaient dessus volontairement et qu'ils ne s'entendaient qu'ainsi. Adopter des phrases simples et modernes paraîtrait décharné, même squelettique pour eux, et ils se désoleraient tant sur la déchéance des mots qu'ils en oublieraient leurs chopes remplies à ras bord. 

Précisons également que Molière s'excitait ainsi parce que ce commerçant asiatique faisait le meilleur poulet frit de Cassandre et qu'elle en était une cliente régulière : entendre du mal sur cet honnête artisan du volatile la blessait personnellement. Elle était bien habituée à entendre les fines invectives de son compagnon d'armes (disons ainsi, on pourrait en réalité remplacer le mot armes par tant d'autres compléments concernant les franches médisances ou les boissons fermentées diverses) mais on n'injuriait pas les meilleurs rouleaux de printemps ambulants de la ville. Il pouvait railler tant qu'il voulait les prélats, les soldats, les divas, qu'elle rirait de bon coeur. Cependant la langue est une arme trop violente qui pouvait l'échauder bien plus qu'une gifle sur la face.

Elle exerça une pression un peu plus violente sur la gorge de Rabelais et serra les lèvres. 

Tu devrais te taire.

C'est la première fois qu'elle s'en prenait à lui physiquement. Il ne devait pas être habitué à voir la Molière du ring, celle qui provoque en quatre mots au lieu d'en babiller trente, prête à l'affronter, lui ; mais malgré tout elle allait écouter sa défense, contrairement à ses adversaires usuels - on pourrait appeler cela une marque de respect. On ne pouvait que trop prévoir Rabelais qui pouvait parlementer quarante minutes sur l'accomplissement moral de l'individu qui cède à la patience et à la paix, pour mieux prendre les jambes à son cou - cette fois-ci, ce serait comme la mort subite. Ou il trouverait le bon argument pour lui faire desserrer les poings, ou elle se chargerait de finir le travail des trois autres personnages secondaires apparus précédemment. Molière n'avait pas en horreur les gens qui se tortillaient pour ne pas se faire tabasser, mais elle abhorrait la soif incompréhensible de voir la discorde et le combat. Elle avait toujours vu Rabelais fuir le tapage et l'exciter avec quelques mots bien placés - elle voulait en quelque sorte lui donner une leçon de vie, et bien qu'elle le sache incorrigible, elle était prête à l'étrangler ici-même. 


Dernière édition par Molière le 28.08.12 19:52, édité 2 fois
 
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MessageSujet: Re: Rabelais AUSSI savait boxer. )> Molière wsh   28.08.12 16:59

Tu sais ce que c'est, mon poing dans ta gueule ? Ton cutter dans la mienne ? D'accord, discutons.

C’était décidément étonnant, cette femme qui portait un short. L’acte en lui même n’était pas absolument aberrant, Rabelais était de ceux qui comprenait assez facilement qu’une femme puisse exprimer le désir de mettre en valeur de longues jambes d’albâtres. Du moment qu’elles étaient longues et d’albâtres. Bien que le concept lui plu sincèrement, il envisageait avec plus de difficulté ce qui pouvait pousser une dame du calibre de Molière, qui, admettons le sincèrement, avait peu de choses d’une femme en dehors de l’anatomie (et encore elle avait des petits seins, jugeait Rabelais) a en avoir choisit un aussi court. Celui ci lui arrivait un peu au dessus de la moitié des cuisses. En un sens, Rabelais le jugeait plus près du haut que du bas, et lui rappelait vaguement ces jeans découpés au hasard et qui finissaient par se métamorphoser en une sorte de culotte de jean plutôt qu’en un short digne de ce nom. Il ne se serait pas caché de ce fait naturel qui le poussait a apprécier la vue, mais au vue de l’endroit où la demoiselle avait visiblement l’habitude de se promener pour faire passer le temps et acheter du poulet frit, le prêtre ne considérait pas ce choix comme expressément judicieux. Le quartier regorgeait de pervers sexuels, c’était bien connu. Même Rabelais craignait pour sa chasteté si bien préservée (dans la mesure où il ne levait plus sa soutane huit fois par semaines mais cinq tout au plus en ces temps de crise) et il n’aurait jamais conseillé à une faible femme de s’exposer ainsi. C’était pour lui exactement comme si elle portait au dessus de la tête une superbe enseigne rouge criant « agressez moi ».

Rabelais se serait volontiers porté volontaire pour jouer les anges gardiens et lui conseiller d’aller changer de vêtements si elle désirait vraiment traîner ses guêtres dans ce coin ci précis de la ville lorsqu’il se rappela non sans une certaine humiliation qu’il venait lui même de se faire saisir au collet par trois gorilles assez peu sympathique. Et que sans cette demoiselle en détresse et en short, son visage aurait certainement à cet instant précis rencontré un rude béton peu amical, et son argent la poche d’un de ses agresseurs.

Tout ce raisonnement justifié ne se solda donc que par un regard intéressé et approbateur sur le short de Molière, un moue dubitative de la lèvre inférieure comme s’il s’apprêtait à faire une remarque, un imperceptible froncement de sourcil et un haussement d’épaule mental. En d’autre termes, rien du tout. Molière aurait encore le droit de se promener en short, parce qu’elle savait mettre une droite, et que c’était un argument sans précédent contre toute tentative allant contre ses désirs.

L’interpellé leva la tête, agréablement surpris d’entendre son prénom dans la bouche d’une fille comme Molière. C’est à dire que les gens avaient la mauvaise habitude lui donner du mon père et du monsieur Rabelais ou du Rabelais tout court, comme si sa douce maman n’avait jamais fais la démarche de lui donner un prénom, certes pas des meilleurs, mais un prénom tout de même. Avec Dumas, Molière devait être l’une des rare à l’utiliser naturellement et ça lui allait parfaitement. Molière faisait partie de ses intimes, d’une certaine façon.

Un demi sourire d’une rare naïveté pointa prudemment la tête sur les lèvres du prêtre. Il préparait déjà un « oui, Molière ? » digne d’un surfeur pleins d’un swag trompeur lorsque la jeune femme changea du tout au tout. De douce sauveteuse prête à s’empoisonner dans la douceur d’un soir d’été, elle devint une bougresse agressive munie d’un poing capable de couper une brique en deux.

- Heu ? » Se contenta d’interroger le pauvre écrivain tandis qu’une main qui lui semblait tout à coup beaucoup moins féminine le saisissait au collet.

La situation le laissait quelque peu pantois. Il réalisait brutalement que la jeune femme était capable de le maîtriser d’une seule main, et cela avait le don de l’inquiéter légèrement. Tandis que ses omoplates percutaient le mur dans une étrange impression de déjà vu, Rabelais se fit la remarque qu’il devrait peut être se donner la peine de prendre un peu soin de sa forme. Il était naturellement beau, mais être beau n’empêchait pas d’avoir la honte.

Que dire, Rabelais ne savait qu’ergoter.

Vainement, il tenta un sourire apaisant qui se mua en une grimace profondément gênée et légèrement inquiète. Sa propre partenaire serait elle capable de lui broyer le nez sous l’impacte de ses phalanges ? N’avait elle donc aucune pitié pour un pauvre homme d’église qui venait tout juste de passer un très mauvais quart d’heure ?

Non, bien entendu. Rabelais ne s’en étonnait plus, ça lui arrivait constamment, ces gens qui après avoir bien ris à une de ses blagues tentaient de l’étrangler avec un chapelet de saucisse. C’est à dire qu’il avait le mot juste. Mais il avait jusqu’ici totalement ignoré le culte que Molière vouait à ce chinois en charrette. Il ne l’aurait pas cru.

Et pourtant, cette main impérieuse qui serrait sa jugulaire avec autant de force qu’un étau lui faisait comprendre que quelque chose lui avait visiblement bel et bien échappé. Rabelais eu peur quelques secondes, parce qu’il s’agissait de Molière et qu’elle ne l’avait jamais pris pour cible, de la même manière qu’il ne se permettait jamais aucune médisance sur elle parce qu’elle faisait partie de ce club très VIP sur qui Rabelais n’avait que des choses positives à dire. Son cœur loupa un battement lorsqu’il réalisa que la jeune femme était véritablement furieuse, et contre lui, assez pour vouloir lui fracasser la tête contre le mur. Il culpabilisa, senti sa poitrine se geler comme s’il venait de casser une urne mortuaire sous les yeux indignés de Noctem et tenta de se libérer sans comprendre pourquoi elle s’en prenait à lui. La raison lui monta lentement au cerveau et il s’en voulu cruellement d’avoir pu attenter à l’un des culte de Molière, parce qu’il l’a respectait et qu’en vérité, il craignait ce qu’elle pensait de lui, bien qu’il ne l’aurait sûrement avoué à personne. Il ne s’en rendait sans doute pas bien compte lui même.

- Peux pas parrrrrleeeer, » tenta Rabelais dans un gémissement étranglé. Ses cordes vocales sifflèrent pour protester avec virulence contre le mauvais traitement que cette soirée leur imposait et lorsque Rabelais eu retrouvé son souffle, il tenta de réfléchir très vite, bien conscient que s’il ne trouvait pas le mot juste sa nuit risquait d’être très désagréable à vivre. Il connaissait bien Molière pour savoir comment elle fonctionnait avec les autres. Et peut être souffrait il de découvrir qu’il n’avait pas véritablement de traitement de faveur, ce qu’il se plaisait à croire.

Il hésita. « Oui maîtresse » était peut être un peu trop connoté. Il pouvait demander pardon. Molière était parfois sensible, quand on savait si prendre, pour l’accorder. Peut être n’était-ce pas la meilleure des solutions, mais rien d’autre ne lui venait à l’esprit en cet instant et il prit le parti le plus sur : celui de s’écraser comme une loque.

- Toutes mes excuses d’avoir médis fort injustement sur ce charmant vendeur de nouilles ambulant. » Rabelais ne pouvait s’empêcher d’y mettre un zèle pleins d’une moquerie amicale. Il ne savait comment s’y prendre autrement. Il ne pouvait non plus s’empêcher de faire apparaître la vérité en soutenant quelque chose qu’il percevait comme une certitude. « C’était sans doute malvenu de ma part. Mais ce cornet ci avait malgré tout peu fière allure. » Et un sourire suppliant la paix, ou de ne pas frapper trop fort.





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Rabelais AUSSI savait boxer. )> Molière wsh

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