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 Othello • how could you leave me when i needed to possess you ?

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Celso O. More
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Personnage Incarné : Othello.

Othello • how could you leave me when i needed to possess you ?  Empty
MessageSujet: Othello • how could you leave me when i needed to possess you ?    Othello • how could you leave me when i needed to possess you ?  Empty30.07.12 23:27


IL MORIO

❛❛ empoisonnez sa joie ! criez son nom dans les rues ! ameutez la belle famille et, quoiqu'il habite sur une terre bénie, lâchez sur lui une nuée de mouches

personnage incarné - Othello, de Othello ou Le More de Venise, Shakespeare.
nom complet - Celso Othello More.
âge - 28 ans.
profession - Sous-directeur de la seule agence immobilière de Cassandre.
camp - Définitivement pour Noctem.



❛❛ c'est là une destinée inévitable comme la mort : le fléau cornu nous est réservé fatalement dès que nous prenons vie

noctem & othello - Celso bouffe son destin à pleines dents, il le vomit, et il en redemande encore. Othello est un fataliste de la pire race, et Noctem, c'est son dieu. Cette adoration à la limite du socialement acceptable a pourtant une explication rationnelle : Celso n'a jamais connu son père, donc il pense que ce dernier est Noctem, tout simplement. Il se considère comme son descendant caché, mais bien sûr, personne ne le sait. Il n'aimerait pas finir devant un psychologue.
camp - Othello vous renie tous, vu que le seul qui a le vrai droit légitime de kiffer Noctem, c'est lui. Il est très jaloux des personnes qui travaillent avec le roi, mais fait semblant de bien s'entendre avec tous les pro-noctem histoire de faire bonne figure.
engagement - Celso revendique ses croyances politiques comme bon lui semble, et n'hésite pas à faire un peu de propagande quand ça lui chante. Il force également sa femme à être pro-noctem, of course.
plus grande peur - Que Lavinia lui avoue qu'elle le trompe.



❛❛ les idées funestes sont, par leur nature, des poisons qui d'abord font à peine sentir leur mauvais goût, mais qui, dès qu'ils commencent à agir sur le sang, brûlent comme des mines de souffre

Celso n'avait jamais considéré sa mère comme telle. Parfois, quand il rentrait de l'école le soir, et qu'il la voyait affalée sur le canapé en train de regarder en direction de l'écran plat de la télévision, il avait souvent envie de dire « Bonsoir, madame More ». Mais il ne le disait jamais, parce que de toute façon, elle ne l'entendait pas.
Marcia More n'avait jamais été du genre attentive. Comprendre les autres, ça ne l'intéressait pas. Elle préférait se faire une idée de telle ou telle personne, et la conserver, sans prendre en compte l'avis de la personne concernée, ou de qui que ce soit d'autre. Elle n'était pas aussi bête qu'on pouvait le penser, car il est toujours plus facile d'inventer une vie et un caractère aux gens que d'essayer de les découvrir. Au moins, on n'avait pas de surprise, et on gagnait du temps de façon considérable. C'est sans doute pour cela qu'elle avait jeté son mari dehors alors que Celso avait trois ans, en s'étant imaginé qu'il était devenu alcoolique et qu'il la trompait et qu'il avait le cancer. Depuis, elle s'était mise à travailler la nuit et sortait avec des hommes parfois, le soir, quand elle se sentait trop seule.
On ne peut pas dire que Celso n'aimait pas sa mère, à vrai dire il n'avait jamais rien pensé d'elle, parce qu'il ne pensait jamais rien de personne. En revanche, Marcia avait toujours terriblement aimé son fils, mais pas forcément de la bonne façon. Quand il était rentré à l'école primaire, elle avait pensé qu'il était autiste à cause d'un QI trop élevé, et avait failli l'envoyer dans un centre spécialisé ; en réalité Celso n'a jamais été plus doué que les autres en quoique ce soit, il avait juste passé son temps à travailler, parce qu'il ne connaissait rien d'autre de moins ennuyant. Quand il était rentré au collège, et qu'il n'avait toujours pas de copine, Marcia s'était mis en tête que son fils était gay, et quand il entra au lycée, elle commença à lui chercher un mec bien avec qui il pourrait vivre, en essayant désespérément de lui faire faire un coming out digne de ce nom, au point que Celso avait failli la frapper une fois.
Pendant des années, donc, Marcia avait regardé son fils avec une sorte de pitié compréhensive qui donnait envie de vomir, et lui demandait sans cesse si il ne voulait pas changer de sexe, parce qu'auquel cas c'était possible, si on demandait gentiment à Noctem Fabula. Marcia avait réitéré ses incessantes questions concernant l'orientation sexuelle de son fils, jusqu'à ce soir tragique du 29 Novembre, où elle reçut un MMS qui changea sa façon de voir les choses.


❛❛ quoi ! cette page si blanche, ce livre si beau, étaient-ils fait pour qu'on y inscrive « putain » ?


Celso ne s'était jamais vraiment intéressé aux filles pendant son adolescence. Bien sûr il en reluquait une de temps en temps, même quelque fois il avait cru être amoureux, mais au bout d'une semaine, après avoir bien observé l'élue de ses yeux, il trouvait toujours un détail qui rendait telle ou telle fille répugnante dès qu'on la regardait de près. Des cheveux désagréables au toucher, un nez trop court, deux dents en avant, des pâtés de mascara qui transformaient les cils en petites araignées dégoutantes. Une infinité de petits inconvénients physiques, même plus que cela : des défauts de fabrication. Aussi c'est pour cela que plus il les regardait, plus il se demandait pourquoi. Pourquoi avoir créé des femmes si elles étaient aussi inutiles, pourquoi les avoir fait évoluer dans le même monde que les hommes alors qu'au fond, elles ne servaient qu'à porter les enfants ? Bien entendu, toutes ces questions ne naissaient pas de la haine, ni de la véritable incompréhension, mais surtout du mépris. Plus Celso regardait les filles, plus elles se tortillaient devant lui comme des anguilles démesurément mal proportionnées, et plus il les méprisait. C'était tellement naturel.

Alors un matin de 29 Novembre, le jour des dix-huit ans du More, un des garçons qu'il considérait professionnellement comme un de ses amis eut une idée qui relevait très certainement du génie, dont il fit part à un autre garçon du même âge que Celso considérait probablement lui aussi comme un ami. Ils n'étaient pas de vrais amis bien sûr, juste des individus qui faisaient partie de ces quelques personnes que Celso fréquentait, parce qu'il était socialement indispensable de le faire.

    — On va lui payer une fille.


La brillante idée venait d'être prononcée, alors que l'officiel ami de Celso esquissait une sorte de sourire, qui dévoilait tout de la fierté qu'il éprouvait à ce moment-là. C'était vrai, quand même, c'était sympa de sa part, pour ce pauvre mec qui avait encore jamais rien connu dans sa vie, c'était cool de lui payer ça pour le soir de son anniversaire.

    — Tu veux dire, une pute ?


Oui, il voulait dire, une pute.




Comme prévu, le soir même, Celso s'était retrouvé un peu éméché, ou beaucoup éméché, dans une chambre, avec ladite fille. Avant que la porte ne se referme derrière lui, il sentit juste quelques frappes dans son dos, et des rires, ce qui lui donna aussi envie de rire. Ce soir-là il aurait pu se méfier, comme toujours, il aurait pu ne pas boire et être dans on état normal. Alors il aurait été, comme toujours, très professionnel, il aurait dit bonsoir, il aurait enlevé sa veste qu'il aurait soigneusement posée sur une chaise, puis les autres vêtements, puis il aurait demander à la fille de faire de même, en évitant de foutre ses affaires partout, il l'aurait aussi payée avant, en lui demandant si elle prenait la carte, puis une fois que ça aurait été fini, il lui aurait demandé de partir comme elle était venue.
Mais malheureusement, les choses ne se passèrent pas comme cela. Au lieu d'avancer, il colla son dos à la porte et passa violemment une de ses mains dans ses cheveux, sans savoir pourquoi, en se disant qu'il ne savait pas ce qu'il faisait mais qu'au fond, c'était drôle. Alors naturellement il se mit à rire, puisque tout aussi naturellement la situation était risible. C'est dans ce moment de grande perdition qu'il vit la chose étalée sur le lit de la chambre d'hôtel. L'endroit était d'ailleurs particulièrement minable, mais grâce à la magie de l'alcool il n'y voyait rien, alors on pouvait dire que cela ne le dérangea pas plus qu'autre chose. Ce qui le frappa d'abord, c'était les cheveux de la fille. Aussi loin qu'il pouvait s'en rappeler, il n'avait jamais vu une masse aussi rouge, même dans la pénombre, il ne voyait que cela, les cheveux rouges de la fille, la fille avec sa bouche rouge aussi, et son corps de nageuse qu'elle tordait, et son regard atrocement lucide. Il avait besoin de savoir quelque chose.

    T'as un prénom ?


En s'avançant, il commença à déboutonner sa chemise parce qu'il avait chaud, et il se demanda pourquoi il la tutoyait alors qu'il ne la connaissait même pas. Ses genoux cognèrent contre le rebord du lit qu'il n'avait pas vu, il eut d'ailleurs affreusement mal, mais il ne dit rien, parce qu'il ne savait pas quoi dire quand on avait mal. Il ne pouvait pas s'empêcher de la regarder se relever sur ses coudes en jouant avec une de ses mèches rouges, il avait aussi très peur de perdre équilibre et de tomber sur elle et de l'écraser. Le More se demanda d'ailleurs, si on pouvait écraser les filles. Il se dit que si il avait écrasé celle-là, il n'y aurait pas eu de sang, mais des cheveux partout, parce qu'ils étaient de la même couleur. Ou peut-être une trace de rouge à lèvres. Elle n'arrêtait pas de bouger.

    Lo-li-ta.


Celso se demanda pourquoi elle détachait les syllabes. Peut-être qu'elle ne les détachait pas d'ailleurs, peut-être qu'elle avait juste dit son prénom normalement, mais que c'était lui qui avait du séparer les sons tout seul. Il aurait voulu savoir si c'était un prénom inventé, un prénom de prostituée, ou si c'était son vrai prénom à elle que ses parents lui avaient donné à la naissance, sans savoir qu'un jour elle se retrouverait dans une chambre à devoir coucher avec Celso More pour quelques billets. Ce dernier aurait voulu regarder sa montre, parce que le temps tournait, mais il ne savait plus à quel poignet elle se trouvait, alors il abandonna.

    C'est bien, j'ai même pas besoin de te dire que tu dois t'appeler Lolita. C'est très bien.


Il se laissa tomber sur le lit en se disant que toute façon c'était trop tard, il ne pouvait plus reculer, et puis qu'est-ce que ça changerait à sa vie, c'est vrai, tout resterait comme avant, il aurait juste couché avec Lolita, Lo-li-ta, comme beaucoup d'autres l'ont fait sûrement avant lui. Il la regarda encore une fois, et c'est vrai qu'au fond elle était très belle, il n'y avait rien à redire. Il sortit son téléphone de sa poche, attrapa le corps de Lolita pour le mettre contre le sien et prit une photo ; ça ferait un souvenir. Envoyer en tant que MMS. Honnêtement Celso ne savait pas ce qu'il faisait, il appuyait n'importe où, il n'y voyait rien, alors il ne le sut pas tout de suite, mais il envoya la chose à toute sa liste de contacts, en pensant l'envoyer seulement à ses deux amis pour les remercier. Bien sûr il écrivit un message en dessous de la photo, quelque chose du genre, ''des putes aussi jolies ça court pas les rues, eh c'est pas rien quand même !!''.
Il laissa Lolita retomber sur le matelas, et eut un moment de flottement. Il ne savait pas vraiment ce qu'il venait de faire, a fortiori.

    Lolita.


À croire que c'était tout ce qu'il y avait à dire. Il voulut claquer sa langue contre son palais, mais il préféra soudainement la passer autre part.




    Graham, je crois que j'ai fait une connerie.



Il était allongé à côté de lui sur le lit de la chambre d'hôtel, et regardait le plafond avec une concentration désintéressée. Celso ne réfléchissait à rien. Maintenant tout le monde allait savoir qu'il avait couché avec Lolita, qu'il s'était fait une pute si on voulait, et c'était bien embêtant tout de même parce qu'il savait qu'il n'aurait plus aucune crédibilité et qu'il pourrait se reprocher cette maladresse toute sa vie. Sa vie. Ce n'était pas sa vie, à vrai dire, il n'avait pas l'impression que tout ce qui se passait était réel ; juste un mauvais rêve de plus. En réalité il était chez lui, en train de dormir, et sa mère lui avait acheté une bouteille de champagne pour son anniversaire, qu'elle aurait naturellement bu toute seule. Il aimait se savoir dans une dimension parallèle, en sécurité, alors qu'il tenait encore son téléphone à la main.

    Je sais. J'ai reçu le message.


Il jeta un regard au jeune homme du même âge à sa droite.
Graham portait encore une chemise, et Othello se demanda si il avait autre chose dans son armoire ou si il le faisait exprès ou si il était pauvre. Il ne connaissait pas Sisyphe. Il n'avait jamais rien pu savoir de lui, alors que lui en savait beaucoup sur le More, et cela le dérangeait. Pourtant, il ne le détestait pas non plus. Même plus, il n'avait pas encore assez de mépris pour lui pour le considérer comme un ami. Graham n'était rien pour Celso, et c'était déjà être un peu de tout, à sa façon. Il tenait un petit sachet dans ses mains, quelque chose que Lolita lui avait vendu en partant.

    Pourquoi t'as acheté ça ?
    Je ne sais pas, on n'a pas tous les jours l'occasion de se procurer de la drogue.


Celso regarda une dernière fois le sachet sans bien comprendre, et à son grand malheur, il s'endormit.
Ce n'était donc pas un mauvais rêve.

❛❛ j'aimerais mieux être un crapaud et vivre des vapeurs d'un cachot que de laisser un coin de l'être que j'aime à l'usage d'autrui


Celso avait tout de même mis du temps a effacé des mémoires l'évènement le plus déroutant et le plus humiliant de sa vie, mais il avait réussi à essuyer le scandale malgré tout, parce que tout le monde finit toujours par oublier à un moment ou à un autre. Il y repensait, il y repensait tous les jours mais ce soir il était à l'Opéra. C'était une petite folie qu'il s'était accordé pour la fin de sa série d'examens qu'il avait a fortiori réussis. L'immobilier, les affaires de terrains et tout ce qui s'y rapportait avait pris tellement de place dans sa vie qu'il ne prenait même plus le temps d'aller voir sa mère, alors une fiancée ou quelque chose dans le genre, pensait-il, ça aurait été du domaine du superflu total.
Mais ce soir, il était à l'Opéra, c'était une folie, et le rideau allait se lever devant lui pour laisser les danseurs exécuter un ballet dont il avait déjà oublié le nom.
Ce soir, le More était à l'Opéra, et il s'ennuyait tellement qu'au bout d'une heure de spectacle, il hésita à partir, quand il la vit sur scène. Il ne sait pas qui il vit, mais il vit quelque chose qui ressembla à une jeune fille, trop blonde, trop céleste, et il se demanda comment il avait fait pour ne pas la remarquer pendant le début de la représentation, alors qu'elle était sous ses yeux. Othello ne le savait pas bien sûr, mais on dit que les personnes qui nous marquent le plus dans toute une vie sont celles qu'on ne veut pas voir au début. Mais ce n'était qu'au début, parce qu'à un moment, la danseuse entra vraiment dans le monde. Il n'y avait qu'elle sur scène, et la scène n'avait jamais eu qu'elle à porter. Elle ne dansait pas énormément, ne faisait pas de grand geste, et sûrement personne ne la remarquait, mais c'était très bien. C'est formidable, pensa Celso, parce qu'il était le seul à la voir, et c'était incroyable, mais elle lui appartenait presque. Sur les autres, le jupon du costume était lourd et disgracieux, mais sur elle, il le remarqua bien, c'était comme si le jupon faisait partie d'elle, comme si il était nécessaire, et il bougeait avec ses jambes comme si cela avait été évident. Elle n'était pas pareil, et il fallut qu'il la vit vraiment.
Il entra dans les coulisses comme on entre dans une boutique dont un objet dans la vitrine nous aurait irrémédiablement attiré. Il dit au vigile qu'il était Graham Corinthe, qu'il était manager et qu'il venait recruter des filles, et il se retrouva complètement perdu au pied de la porte, à chercher les cheveux trop blonds de la danseuse, sa danseuse. Alors, il sentit quelque chose le pousser avec gêne, et il se retourna, et naturellement c'était elle, qui voulait passer et qui n'avait pas dit pardon. On dit aussi que les gens sont toujours plus beaux quand on les voit sur scène, mais quand la danseuse leva ses yeux aquatiques vers le More, il se dit que cela ne pouvait pas être vrai. Il n'y avait pas de mot, pour dire à quelle point elle était plus belle que la danseuse sur scène, que Lolita, que sa mère, que lui-même, que n'importe quoi qu'il avait déjà vu de près ou de loin dans sa vie.


    Excusez-moi, je ne voulais pas gêner. Je suis manager, est-ce que je pourrais avoir votre prénom ?


Pour la première, il avait du mal à articuler, et il s'aperçut qu'en mentant il avait oublié de dire « enchanté », parce que c'était vrai, il était enchanté de la voir d'aussi près, il n'avait jamais été aussi enchanté, et pour une fois, il aurait pu dire la vérité quand il disait cela, enchanté. Il la regarda respirer, et il la regarda ne pas répondre. D'habitude, il était pressé, et ce soir aussi il était pressé, et il n'aimait pas qu'on ne lui réponde pas tout de suite, il avait même horreur de cela, mais pour une fois, ce soir, il n'était pas dérangé. Elle ne disait toujours rien, quand une autre fille à l'air contrarié l'appela, un bout de tulle à la main.

    Lavinia ! Viens chercher ton costume.


Il se retourna vers elle, et naturellement, comme si il avait du faire cela depuis le début, il passa une main sûre d'elle derrière la tête de Lavinia la danseuse, et défit lentement son chignon. Celso eut alors le plaisir de s'apercevoir qu'en plus d'être trop blonds, les cheveux de la jeune fille étaient trop longs.
Il dit alors « Lavinia » comme si c'était le seul mot qu'il n'avait jamais connu, il le dit bien, lentement, en souriant de façon sincère pour la première fois de sa vie, il le dit comme si il allait le répéter sans cesse pour l'éternité, sans que cela ne le dérange. Il précisa ensuite qu'il était enchanté, et l'homme à la porte commença à le regarder bizarrement, alors il partit bien sûr, et bien sûr aussi il se promit qu'il reverrait Lavinia, qu'il lui volerait ses nuits, qu'il hanterait ses jours, parce que maintenant elle n'était plus n'importe qui, c'était sa danseuse. Et peu importe ce qui se passerait ensuite, il continuerait à sourire, même si c'était bête, et il continuerait toute sa vie à dire Lavinia comme si c'était la première fois qu'il le disait. Elle serait la danseuse la plus heureuse du monde, c'était certain.
Ce soir-là, le More était à l'Opéra, et il vit Lavinia, et alors il sut qu'à partir de ce moment, il allait commencer à vivre.

❛❛ j'implore votre pardon alors. je vous prenais pour cette rusée putain de Venise qui a épousé Othello.


    Tu veux. Tu veux qu'on pense dans toute la ville que la femme du More est une salope, c'est ça ? Hein, c'est ça que tu veux ?


Celso avait toujours été très gentil avec Lavinia, mais là, il ne la reconnaissait pas.
C'était à se demander si elle était là. D'ailleurs, il commençait à avoir des doutes, il se disait « est-ce que Lavinia More a déjà été avec moi un jour ? » , et il la regardait, il la regardait dans les yeux, mais ils étaient si troubles qu'on n'y voyait rien. On ne pouvait jamais savoir, si Lavinia était là ou si elle était à des kilomètres, dans les yeux, dans l'esprit d'autres hommes. Il y avait aussi une autre question qui revenait souvent à l'esprit de Celso, une parmi tant d'autres bien sûr, mais qui venait s'immiscer dans ses pensées de plus en plus souvent : est-ce que Lavinia se droguait ? Elle pouvait très bien le faire, avant d'aller danser, avec d'autres personnes. Toutes ces choses qu'elle pouvait faire, avec toutes ces personnes dont il ne savait rien commençait à lui donner envie de se frapper la tête contre les murs jusqu'à ce que mort s'en suive.
Alors il réfléchissait. Elle aurait pu commencer très jeune, ce qui aurait expliquer son retard en tout, et sa maigreur, et ses mains qui tremblent parfois. Et puis par la suite, cela lui aurait bousiller le cerveau, et elle en serait arriver au point où elle en est, à ce stade de déchéance intellectuelle irréversible. Oui, elle se droguait, forcément, et elle aurait du lui en parler, parce qu'elle aurait du lui faire confiance. Entre époux, on doit se faire confiance, alors Desdémone aurait du en parler à Othello.
Alors Celso repensa à la chose à laquelle il pensait depuis un bout de temps, et lança un regard noir à sa femme, pour signifier, avec toute l'autorité dont il était capable, qu'il était temps qu'elle se décide à lui répondre. Depuis quelques temps, c'était comme ça : elle devait attendre qu'il le regarde pour qu'elle parle.

    Quoi ?
    Bordel ça fait deux heures qu'on en parle, tu vois pas que je suis vert ? Tu te fous de ma gueule c'est ça ? Dis-le tout de suite si c'est le cas, qu'on en finisse, j'en peux plus moi. J'en peux plus de ces conneries.


Lavinia était assise, comme toujours, sur cette petite chaise qui semblait être un fauteuil lorsqu'elle était dedans, parce que tout le monde le savait, elle était aussi petite qu'une souris. Et lui, comme toujours, marchait en long et en large de la pièce, comme un fou, un forcené, un frénétique ; il en tremblait, ses mains en tremblaient tellement que Stella n'osait pas lever les yeux pour constater des dégâts. Son regard restait inflexiblement rivé sur un des rubans de sa robe qu'elle martyrisait à l'aide de ses ongles fins.
Il était si tard, tous les deux n'avait pour seule envie d'aller se coucher, mais il en avait décidé autrement.
Ce soir, ce serait soir de combat, nuit de calvaire, les vagues de folie rageuse qui le secouait s'élèveront dans l'océan de la nuit, de toutes les nuits de la ville, elles s'élèveront plus haut que les murs.
Le plus étrange, c'est que depuis quatre ans, rien n'avait changé, sauf Othello. Il n'était pas devenu comme il était du jour au lendemain. Il s'était transformé, la situation avait empiré lentement, comme une fièvre qui monte. Le Destin ne s'était pas abattu sur eux, il avait choisi une méthode plus lente. La chienne de vie les dévorait lentement comme les rapaces le firent au foie de Prométhée ; elle venait mordre une fois, et lorsque la morsure commençait à cicatriser, elle revenait à l'attaque avec encore plus de faim dans le ventre que la dernière fois.

    Je comprends pas.
    Tu vois pas que je suis vert, non.


Il voyait le Mal partout. Chaque homme, parfois chaque femme, chaque enfant, chaque chien dans la rue étaient susceptibles de trop attirer la sympathie de Stella. N'importe qui, du jour au lendemain, pouvait l'enlever, la ravir, la faire disparaître du monde. Mais le monde était Stella. Si elle s'en allait, il n'y aurait plus aucune règle, aucune morale, le sens des choses disparaitrait, la vie ne serait plus la vie ; rien ne serait plus comme avant et tout serait vain, sans goût et suicidaire. Ce serait un merveilleux, un spectaculaire chaos. Othello le savait, il le savait mieux que quiconque, pour avoir passer ses nuits à y penser, à imaginer ce que serait sa vie si un jour le Mal venait lui enlever Desdémone.
Le problème, c'est que les choses les plus dangereuses pour Lavinia se trouvaient en effet là où Celso ne cherchait jamais : en lui-même. Son coeur était si pourri, gangréné de paranoïa et imbibé d'alcool cher et démodé qu'il n'y faisait même plus attention. Le vrai Mal, c'était le mot indicible, c'était le serpent vert et gluant qui s'enroulait lentement autour de l'âme : la jalousie. Cet animal-là, même les mains les plus douces et expertes n'auraient pu l'enlever de l'endroit où il se trouvait. Et Othello savait, mais il gardait cela pour lui; c'était son secret.

Alors qu'il passait son temps à exhiber Lavinia comme on ne peut s'empêcher de faire briller à la lumière du jour une montre hors de prix, Celso avait fait comme si tout était normal. Ils formaient le couple parfait. Il avait toujours été très souriant, elle avait toujours rempli son rôle premier, celui d'être jolie à regarder et de ne pas trop parler lors des soirées de gala pour que les hommes puissent parler affaires. On voyait l'avenir brillant inscrit sur leur front, rien ne les détournerait d'une vie admirable. La réussite était d'ailleurs une chose bien plus qu'abstraite que Celso More avait pourtant côtoyé durant tout la première partie de son existence, avant de rencontrer cette femme-là, qu'on ne décrit pas.
Mais si eux, tous ces gens qui ne les connaissaient qu'en surface, si seulement ils avaient su.


    Tu pourrais pas, un jour, te foutre dans le crâne que je ne veux pas que tu y ailles après vingt heures ?
    Pourquoi ?


Mais même si ils avaient su, personne n'avait jamais eu aucune influence sur Othello.
Et en réalité, peut-être que tout le monde savait, mais tout le monde se taisait, parce que les problèmes sont mieux logés chez les autres, et qu'on a en toujours assez chez soi. C'était absurde, c'était injuste, mais cela avait toujours fonctionné ainsi, et jamais rien ne changerait.

    Lavinia, tu vas rester ici maintenant. On va avoir des enfants, ce sera formidable. Et tu ne danseras plus.


Personne n'avait d'influence sur Othello, sauf Desdémone, et elle en avait plus sur lui qu'il n'en avait sur elle. Évidemment.
❛❛ ni le pavot, ni la mandragore, ni tous les sirops narcotiques du monde ne te rendront jamais ce doux sommeil que tu avais hier




❛❛ que celui qui est volé ne s'aperçoive pas du larcin, qu'il n'en sache rien, et il n'est pas volé du tout

pseudo - Myshouille
sexe - Princesse.
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découverte du forum - Gun je crois.
blabla - Pardon pour la randomité de l'histoire, je me suis inspirée d'un de mes rêves. Et toutes les citations viennent d'Othello de Shakespeare (YOU DON'T SAYYYY) edit : et comme d'habitude je suis sans avatar fixe.


 
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Molière
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MODO TEMPORAIRE — no ! IT'S SUPERGUN
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Préface de Cromwell : le malade imaginaire et le médecin malgré lui feraient mieux de ne pas se rencontrer

VOYAGE AU CENTRE DE LA TERRE
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Que pensez-vous de Noctem ? :
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MessageSujet: Re: Othello • how could you leave me when i needed to possess you ?    Othello • how could you leave me when i needed to possess you ?  Empty30.08.12 21:25

Bonjour et bienvenue sur SQE jeune fille.

Le personnage est compris, le jeu est moyen, on passera sur la syntaxe, mais cette version d'Othello est passable. Je vais très professionnellement te marquer validé, Celso, et t'autoriser à rp malgré ton niveau très médiocre. Ce code me fait vraiment très mal aux yeux, il faudra entièrement le revoir autour d'un thé au tapioca, ça va vraiment plus du tout.

(Plus sérieusement j'adore le sms de Celso, je trouve que tu imites très bien le style des garçons contents et contents d'exprimer qu'ils sont contents. Et je voudrais jouer madame More.)
 
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Othello • how could you leave me when i needed to possess you ?

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