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 Il était trop vieux pour ses vingt ans. Il était un roi déchu et seul. – CRÉON

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Stéphane C. Villemorte
Stéphane C. Villemorte
« we didn't start the fire »
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Messages : 28
Date d'inscription : 31/08/2012

Personnage Incarné : Créon (Antigone de Sophocle, Anouilh et autres ...)

VOYAGE AU CENTRE DE LA TERRE
Âge : la vingtaine
Métier : croque-mort (service bouffeur d'orteils non inclus)
Que pensez-vous de Noctem ? :
MessageSujet: Il était trop vieux pour ses vingt ans. Il était un roi déchu et seul. – CRÉON   01.09.12 19:59

vos papiers, s'il-vous-plaît

et pas d'entourloupe, mon garçon, on vous a à l'oeil
Stéphane C. Villemorte Créon, de l'Antigone de Sophocle (et des autres /oh Anouilh, mon héros/)

Nom, prénom(s) : Stéphane Villemorte
Surnom : Steph', Monsieur Villemorte.
Âge : une vingtaine d'années.
Métier : dirige une petite boîte de pompes funèbres.
Camp : pour Noctem, mais quelque peu partagé ...


la Loi, la Toute-Puissance, l'Autorité
n'étaient plus que des souvenirs

et il était seul, si désespérément seul


Noctem et vous : Stéphane ne se soucie plus tellement de Noctem. Il le suit, presque sans y penser. Parce que la Loi l'exige. Parce que l’Équilibre de Cassandre en dépend, et parce que Stéphane aime l'équilibre. Stéphane a toujours aimé l'équilibre, la sécurité, la terne teinte de la monotonie. Il est plus sûr d'être sous la protection du Roi de Cassandre. Et puis, il est dans la nature même de Stéphane – de Créon – de préférer le côté de l'autorité. Parce qu'il fut Roi, lui aussi, et qu'il ressent un peu de compréhension envers le Maître de Cassandre. Parce que lui aussi doit être seul, sur son trône.
Cependant, il y a une chose pour laquelle il pourrait trahir Noctem. C'est Antigone. Il ne veut pas qu'Antigone meurt à nouveau, entraînant dans son sacrifice les vies de ceux qui lui sont chers. Il ne veut pas de cette solitude à nouveau. Si un jour il rencontre l'Antigone de ce monde, ou Hémon, ou sa chère Eurydice, il se pourrait .. Qu'il sorte enfin de son immobilisme sécurisant. Pour eux, pour la Vie, pour briser la mécanique implacable de la Tragédie qui les unit.
Votre camp et votre degré d'engagement : Il n'est pas un engagé, il est presque neutre. C'est un poltron qui est déchiré entre sa petite vie grise et les souvenirs qui envahissent sa tête. Il ne veut plus sentir l'odeur du sang, il ne veut plus voir cette douleur insoutenable dans les yeux de son fils, il ne veut plus se retrouver seul survivant de cette hécatombe, seul sur son trône de granit, à regarder les rouages du Temps avaler ceux qu'il aime. Il veut sauver Antigone. Mais il ne l'a pas encore trouvée. Il ne la cherche pas non plus. Il sait qu'ils se reverront, un jour, et qu'il saura exactement qui elle est.
Votre plus grande peur : Créon se réveille toutes les nuits en sursaut. Il ne crie pas. Il revoit juste le corps frêle de la petite – de la trop petite – Antigone pendant de ses fils colorés, et celui affalé de Hémon, au pieds de sa bien-aimée. Il revoit encore l'air endormi de son Eurydice, sa chère femme, apaisée dans les bras de la Mort. Il revoit la salle du Trône qui donnait sur Thèbes, vide et calme, au silence oppressant. Il revoit ce sang qui coule de ses mains, le sang d'une enfant entêtée, celui de son fils trop amoureux, celui de sa femme lasse, et les gouttes tombent sur le tapis devant son trône, et éclaboussent ses pieds et le bas de sa toge. Il se réveille toujours avec le bruit obsédant de ces gouttes pourpres dans les oreilles.


cette fois, il la sauvera

il les sauvera tous

Stéphane était un gars ordinaire. Banal, assommant de normalité, invisible. Il était né dans une famille unie, au porte-monnaie modeste. Sa mère, Anne, était une épouse soumise et effacée, alors que son père, commerçant avec les cadavres et les familles en deuil, se faisait distant et autoritaire. Élevé dans la certitude que son destin était aussi terne que celui d'un petit scribouillard insignifiant de fin 1890, il n'attendait rien de la vie qu'une routine sécurisante. Il fût un enfant docile, un élève modèle, silencieux, obéissant., ne transgressant pas les règles, ne causant de troubles à personne. Il était invisible, autant pour ses parents ou ses professeurs que pour les enfants de son âge. Et puis, sans doute parce que Noctem s'ennuyait de ce pantin trop calme, son destin le rattrapa.

▬ acte i, prologue

Le dernier jour de son enfance, Stéphane se coucha de bonne heure, enfoui sous sa couverture douce et chaude. Il devait fêter ses douze ans le mois prochain, avec ses parents. Il se retourna dans sa couverture chaude et douce, souriant d'anticipation en pensant aux cadeaux qu'il ne manquerait pas de déballer. Il ferma les yeux presque sans s'en rendre compte, et plongea dans le sommeil sans heurts des enfants heureux.

Il rêva pour la première fois de sa vie précédente. Et réveilla ses parents avec un hurlement terrifié, un cri de bête traquée, retentissant comme un glas. Le glas de sa destinée

Et un nom traînait sur ses lèvres. Antigone.

▬ acte i, scène première

Il ne comprit pas, tout d'abord. Bien entendu. Il n'était qu'un enfant, un pauvre garçon à la destinée trop lourde et trop hideuse pour ses épaules. Mais chaque nuit, le cauchemar revenait. Et chaque nuit, il se souvenait davantage. Stéphane rassemblait chaque matin les pièces de cet étrange puzzle qui se mélangeait dans sa tête, et chaque matin, il vieillissait un peu plus. La toute première pièce fut un nom. Trois syllabes. Antigone. La deuxième, une silhouette frêle se balançant au bout de fils de toutes les couleurs. La troisième, des yeux brûlants de la flamme de la rage, lui perçant l'âme comme deux glaives chauffés à blanc. Et puis les nuits se suivirent comme les perles d'un long chapelet, égrènant les jours, les mois et les souvenirs. Le puzzle devenait une carte, une frise chronologique, une liste de noms, de dates, de faits sans queue ni tête, et lentement, Créon prenait vie. Le vieux roi solitaire reconstruisait sa vie, reprenant ses droits sur l'existence de Stéphane. Et Stéphane voulait savoir, alors il donna son existence à Créon. Parce que, de toute façon, il n'était qu'une ombre.

▬ acte i, scène deux

Il avait passé son anniversaire dans cet état second, faisant bonne figure, donnant le change, pour ne pas inquiéter son entourage. A cette époque, Créon venait juste d'émerger dans sa tête. Il sut d’instinct que c'était un secret à protéger, une de ces choses qui font que les autres vous regardent différemment, troublés par cette vérité dérangeante. Peut-être était-ce déjà le vieux Roi qui lui avait murmuré à l'oreille des conseils. Il ne savait pas. Stéphane appréciait de n'avoir rien d'autre à faire que de ranger les souvenirs, remplir les blancs, et survoler le résultat du regard. Bien sûr, il souffrait de ces visions sanglantes, sombres et tristes. Mais au fond ▬ pensait-il ▬, ce n'était pas vraiment lui. Le "vrai" lui, et bien ... C'était ce jeune garçon pré-pubère sans histoires, sans futur glorieux ni mort prochaine, c'était cet élève silencieux du troisième rang à gauche, côté couloir, qui ne rêvait de rien, et qui n'avait pour ambition que de reprendre l'affaire paternelle. Il n'était qu'un individu parmi d'autre, et cela lui avait toujours convenu. Il ne savait que faire de cette vie antérieure si compliquée, de ces cadavres dans les placards de sa mémoire ▬ qui n'était pas vraiment la sienne. Face à ce destin, Stéphane était partagé entre une curiosité morbide et une peur de l'inconnu. Il n'était pas Créon ▬ pas encore ▬, et il ne comprenait pas ce que les images de ses rêves voulaient de lui.

Et surtout : qui était cette jeune fille brune et fine avec ses yeux embrasés ?

▬ acte i, scène trois

Stéphane avait disparu peu à peu, sans véritablement s'en rendre compte,au profit du vieux Roi déchu. Au fur et à mesure qu'il comprenait, qu'il acceptait, qu'il prenait cause pour ce destin, son âme de garçon s'était amenuisée, morceau par morceau, immédiatement remplacée par une autre conscience, vieille de cent ans. Créon lui-même n'y était pour rien. Il se remémorait juste ces souvenirs si douloureux, emplis de la solitude qui l'avait poursuivi toute sa vie antérieure. Comme un vieillard dont la perception du temps s'est affadie, il restait enfermé dans une cathédrale faite de larmes, à ressasser ses erreurs, ses défaites et ses malheurs. Il était hermétique au monde du dehors, et le corps de Stéphane ▬ car il était trop jeune, trop vierge et eau pour être le sien ▬ ne se mouvait plus que par automatisme, grâce aux derniers lambeaux de conscience du jeune homme.

Et Antigone, toujours Antigone, qui le fixait des tréfonds de sa mémoire, avec ce regard de mépris.

▬ acte ii, scène première

Ce fut au milieu de la première année de lycée de Stéphane que ce dernier déserta totalement son propre corps. Mais Créon, dans son palais aux milles tourments, ne s'en rendit pas tout de suite compte. Un jour, Stéphane ne se leva pas, il ne se réveilla pas non plus. Le corps comateux du jeune Villemorte fut transporté aux urgences, alors que, dans le fond de son esprit, le château de cartes du Roi s'effondrait. Il ouvrit les yeux trois jours plus tard, encore engourdi, sur ce nouveau monde qu'il connaissait vaguement. Il vit des têtes inquiètes penchées sur lui. Ses parents. Il ne savait d'où lui venait cette intuition ▬ peut-être d'un reste de l'âme de Stéphane ? Il joua le malade à la perfection, et se rétablit doucement de ce "traumatisme cérébral" assez rapidement. Sa nouvelle vie lui plaisait bien. Pas d'obligations, ni de souffrance, pas énormément de solitude, un chemin tout tracé. Une couverture parfaite. Lorsqu'il se rendit compte que Antigone devait être elle aussi quelque part, il en fut exalté. Il pourrait essayer de la sauver ! De l'arracher à ce destin tragique ! Il n'avait plus de devoir de Roi, il n'avait plus à faire un choix entre sa famille et son royaume. Mais ... Noctem veillait, il le savait. Et il comprenait. Le Maître de Cassandre devait avoir fait le même choix que lui. La sécurité et le peuple d'abord.

Alors il attendrait, en inhumant des personnes inconnues, comme pour expier sa cruauté envers Polynice. Il attendrait qu'Antigone vienne à lui. Parce qu'il étaient destinés, après tout. Ils étaient destinés à s'affronter, et Antigone était condamnée à mourir.

Mais cette fois-ci, elle ne mourrait pas. Il ferait tout pour la garder en vie.


l'arrière cuisine

là où on range les casseroles
Pseudonyme : Fabulous Llama
Sexe : Féminin. très féminin.
Âge : Une quinzaine d'années.
Source de l'avatar : random boy de 水口 + random boy² de おもち
Comment avez-vous découvert SQE ? En fouillant dans les partenaires de divers forums ...
Des questions, des réclamations ? un petit délai pour étoffer l'histoire/le caractère/les profondeurs de l'âme de ce cher Créon ?( et pour mettre les petites images qui font joli à côté du texte) Juste quelques jours, le temps de récupérer mon ordinateur. Parce que la tablette tactile c'est trop trop nuuuul.

EDIT : Et bien ... C'est fini, je crois. Au pire, si je/tu n'aime(s) pas un truc, j'éditerais.
 
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Molière
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MODO TEMPORAIRE — no ! IT'S SUPERGUN
MODO TEMPORAIRE — no ! IT'S SUPERGUN
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Date d'inscription : 24/06/2012

Préface de Cromwell : le malade imaginaire et le médecin malgré lui feraient mieux de ne pas se rencontrer

VOYAGE AU CENTRE DE LA TERRE
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Que pensez-vous de Noctem ? :
MessageSujet: Re: Il était trop vieux pour ses vingt ans. Il était un roi déchu et seul. – CRÉON   02.09.12 21:04

Bonsoir et bienvenue sur SQE !

J'aime beaucoup ton Créon.
Et je ne trouve pas grand chose d'autre d'utile à dire.
Je crois que tout est ok tout est ok, tu affineras la précision de son âge quand tu en auras besoin, et je te souhaite bon jeu.

Je te mets dans les fiches validées très cher !
 
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Il était trop vieux pour ses vingt ans. Il était un roi déchu et seul. – CRÉON

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